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Par Ramzi Kebaili

À quelques jours de la convention de la France insoumise, la question capitale du plan B fait l'objet de nombreux débats, qu'il faut absolument mener à bien si l'on veut comprendre les blocages programmatiques et stratégiques de la gauche.

 

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Lors de la dernière élection présidentielle, c'est la divergence sur la question de l'Union européenne qui a rendu impossible toute alliance programmatique entre les candidatures de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon. Celui-ci a en effet catégoriquement refusé d'envisager la possibilité d'un « plan B » de sortie de l'Union européenne et de l'euro, qui constitue dans le programme de la France insoumise une option assumée en cas d'échec du « plan A » de renégociation des traités de l'UE. Et nombre de commentateurs qui ont qualifié de « sectaire » la stratégie électorale de la France insoumise ont oublié de préciser que toute alliance avec d'autres formations politiques aurait signifié renoncer à la stratégie plan A / plan B qui est pourtant la clé de voûte de tout le programme « L'Avenir en commun ».

La centralité de la question de l'UE

Ce point crucial a parfois été occulté pendant la campagne. Pourtant, à présent qu'une longue séquence s'ouvre sans échéance électorale, il est nécessaire de prendre à bras le corps ce débat et d'expliquer en quoi l'existence de ce plan B, et l'affirmation de sa nécessité pour pouvoir mettre fin à l'austérité, constitue une rupture historique dans le champ politique de la gauche en France.

Rappelons tout d'abord que stricto sensu, l'Union européenne n'est rien d'autre qu'un ensemble de traités, et notamment une zone de libre-échange qui organise et systématise la mise en concurrence des travailleurs et des systèmes sociaux, la privatisation des services publics, la libre-circulation des capitaux et des marchandises, la soumission de la politique étrangère aux États-Unis ou à l'Otan ou encore l'obligation pour les États membres de s'endetter auprès des marchés financiers.

Pourtant pendant des décennies, la conviction intime que ces traités pourraient un jour permettre d'accoucher d'une « Europe sociale » a joué le rôle de mythe pour la quasi-totalité du camp progressiste. Qu'elle soit « radicale » ou « modérée », écologiste ou productiviste, qu'elle ait approuvé le Traité constitutionnel européen ou bien qu'elle s'y soit opposée, la gauche a cru dans le rêve européen et a longtemps assimilé la sortie de l'UE à un « repli national » qui favoriserait les idées d'extrême droite.

Or, depuis quelques années, a fortiori depuis l'échec du gouvernement d'Alexis Tsipras à refuser les politiques d'austérité imposées par l'Union européenne, un autre récit s'est fait entendre :

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