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Bon, c’est bien joli les « affaires » Fillon et Le Pen mais pendant que les éditorialistes en font leurs choux gras, les parlementaires, manifestement pas concernés par ces délits (ah merde ! la présomption d’innocence !) ont profité d’une proposition de loi pour arranger à leur sauce les délits financiers à venir.

Au départ, la proposition de loi déposée par Alain Tourret (PRG) et Georges Fenech (LR) avait de la gueule : « ce texte double les délais de prescription pour les crimes et délits. Le délai de prescription d’un délit passe donc de 3 ans à 6 ans et celui d’un crime de 10 ans à 20 ans… » (Anticor 16/02). Ouais, mais faut croire qu’il existe délit et… délit !

« J’ai un petit amendement à proposer » aurait dit notre socialiste ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas, le 13 octobre 2016 lors de l’examen du texte au Sénat (Mediapart).

En fait de « petit amendement », il s’agit ni plus, ni moins que de protéger les arrières de la délinquance en col blanc : le texte propose en effet de faire courir un délai de prescription de 12 ans à partir du moment où la fraude est découverte. Impossible d'aller au-delà. Un retour en arrière complet par rapport à la législation en vigueur contre les délits financiers. Pour y voir plus clair je vous invite à consacrer deux minutes aux explications pertinentes de Ludo Torbey, le sympathique animateur du blog « Osons causer » qui s’est mis au défit de « réfléchir sur des trucs complexes et sérieux avec des plan simples et des mots simples ».

Osons causer 170217

Autrement dit, si tu as arnaqué l’État et tes compatriotes, si tu as détourné de l’argent public, débrouille-toi pour qu’on découvre le pot aux roses 12 ans après ton forfait ! Je les vois d’ici les Balkany en herbe gamberger pour monter des coups par sociétés offshore et paradis fiscaux interposés.

Bien. Les députés ont voté cette loi le 16 février dans l’indifférence générale. Elle a été promulguée le 27 février 2017 et publiée au Journal Officiel du 28 février 2017. Voilà, c’est plié !

Mais attend !
Horreur suprême !

Le lundi 27 février Benoît Hamon, tu sais, celui qui inscrit dans son programme une certaine idée de la transparence et de l’éthique en matière d’utilisation de notre argent à tous, (celui qu’on donne via nos impôts pour améliorer les services publics et les conditions sociales des plus démunis), et bien, Benoît Hamon était l’invité du « Grand Format » dans le cadre de la matinale d’Inter.
À la question d’un auditeur : « Monsieur Hamon, avez-vous voté la loi portant réforme de la prescription en matière pénale ? », le Hamon en question répond : « Elle a été votée quand ? ». Incroyable ! Une loi qui permet aux criminels en col blanc de se servir allègrement dans l’argent des contribuables en ayant les atouts pour pouvoir échapper à la justice des gens ordinaires, une telle loi a échappé à la sagacité de notre socialiste de la « République exemplaire » ?

Hamon Inter0217 Ici, à partir de la 12ème minute

Admirez l'artiste qui esquive vite fait la question en ramenant sur le tapis la lutte contre l'évasion fiscale...
"Le diable est dans les détails" titre Anticor... et il est des détails qui tuent, Benoît Hamon!

Et, pour la touche finale: "Des centaines de milliers de Roumains manifestent contre la corruption de leurs dirigeants". Il serait temps qu'on en prenne de la graine!