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Notre camarade et lanceuse d'alerte, Céline Boussié, attire notre attention sur cet article décrivant la situation inadmissible dans les EHPAD de son département.
Les groupes FI du Gers peuvent ainsi se saisir de leur action (voir lettre aux députés, dans le texte et rajout de Céline en italique) ... et chacun peut apporter sa pierre en signalant à ses camarades dans les GA les faits dont il a connaissance !

 

Lot-et-Garonne : les seniors assommés de psychotropes, le cri d’alarme des médecins

Source ( article pour abonnés seulement) https://www.sudouest.fr/2018/05/14/lot-et-garonne-les-seniors-assommes-de-psychotropes-le-cri-d-alarme-des-medecins-5055427-3603.php

 

L'article complet peut être lu ici :

Sollicités pour des prescriptions de psychotropes, ils dénoncent dans une lettres aux députés, les conditions de travail en Ehpad. Chaque mot destiné aux deux députés Michel Lauzzana et Alexandre Freschi (président de la commission d’enquête d’égal accès aux soins de l’Assemblée nationale) a été soigneusement pesé.

« Cette lettre est un cri d’alarme, il n’est pas question de jeter la pierre sur les maisons de retraites où nous intervenons », insiste le docteur Baptiste Luaces. Le praticien exerce à la Maison de santé de Port-Sainte-Marie depuis 2012. Il est l’un des généralistes qui intervient régulièrement dans l’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, au Port et à Feugarolles. Mais, depuis quelque temps, les prescriptions qui lui étaient demandées sortaient de la norme. « Ces médicaments, particulièrement forts étaient destinés à des patients que je connais. Exceptionnellement, on peut prescrire ces psychotropes. Mais cela devenait récurrent », souligne le praticien. Déontologiquement, « cela n’était plus possible ».

D’autres généralistes font le même constat. « Nous avons provoqué une réunion, un vendredi soir avec les personnels soignants, pour comprendre ». "Maltraitance institutionnelle" Le choc a été rude.

Bien sûr, la grève dans les Ehpad, à cause des conditions de travail des personnels, il connaissait. « Mais, en passant une à deux demi-journées dans les établissements, on ne voit rien d’autre que la dévotion du personnel ». Là, les témoignages, violents, se succèdent. « Une aide-soignante a raconté que, quand elle n’en pouvait plus des cris des résidents, elle sortait hurler sur le parking. Comment peut-on travailler dans ces conditions ? » D’autant que, d’après le médecin, « les soignants savent très bien qu’ils ne font pas leur métier dans les règles de l’art ».

La prescription de psychotropes pour les malades d’Alzheimer est plus que déconseillée. « Seule la prise en soins non médicamenteuse par la présence soignante est efficace », détaille la lettre, qui parle aussi de cette « vocation » des soignants à travailler auprès des personnes âgées. Et toujours de cette souffrance d’être parfois source de maltraitance institutionnelle. Un terme qui a agi comme un déclic pour le docteur Luaces.

Il devait rencontrer, dans les jours suivants cette réunion, le député Alexandre Freschi. D’où l’idée d’une lettre. Finalement, cette réunion, autour de la maison de santé, a été ajournée. Mais les écrits sont restés.

Rejoints par ceux de Céline Boussié, lanceuse d’alertes dans le domaine médico-social et militante de la France Insoumise. « Nous ne pouvons tolérer et accepter plus longtemps que soient sacrifiés sur l’autel de l’austérité et de la finance des êtres humains, des citoyens, fragiles, vulnérables, en situation de grande dépendance et/ou de handicap », écrit-elle, avec son Comité de Soutien à Céline Boussié. Même le rapport d’information de mars dernier, sur les Ehpad, porté par les députées LREM et FI, Monique Iborra et Caroline Fiat va dans le même sens… Et insiste autant sur l’urgence de changer de modèle. « Mourir la belle affaire, mais vieillir, ô vieillir… » chantait Jacques Brel en 1977.

D’autres rapports, plus anciens, font déjà état de ces demandes de prescriptions de psychotropes, la Société Française de gériatrie, ont alerté, en 2011, cela fait également l’objet de questions au Sénat, à l’Assemblée nationale. La situation, elle semble se dégrader, la grève des personnels d’Ehpad, en début d’année. « Messieurs les députés, annonce la lettre, très solennelle, si le niveau d’avancement d’une société se juge à la manière dont elle traite ses membres les plus fragiles, il est temps que la nôtre engage une remise question drastique ».

Qui suppose, tous ceux qui ont travaillé sur la question disent la même chose, des moyens humains et financiers pour ces établissements.

Pour Alexandre Freschi, "la situation décrite par les soignants des Ehpad de Feugarolles et Port-Sainte-Marie ne laisse pas indifférent et interpelle quant aux moyens dont se dote la société française pour dispenser des soins à ses aînés, ainsi que sur l’accompagnement des personnels soignants." Le député de la deuxième circonscription de Lot-et-Garonne recevra prochainement les auteurs de ce courrier.