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Analyse du rapport entre salaire et CSG 

 

brut/netTrop souvent, les salariés pensent que leur salaire est ce qu’on nomme le «net », c'est-à-dire ce qui est versé sur le compte bancaire alors que la réalité du salaire, c’est le « brut ».


Le « brut » est le salaire dit « socialisé », qui permet de financer l’ensemble des prestations sociales : assurance maladie (accident du travail, congés maternité, handicap, maladie), les retraites et réversion, l’assurance chômage, allocations familiales).


Les cotisations sociales ne sont ni des taxes, ni des charges comme nous l’assènent depuis des années le patronat et les gouvernements successifs, repris sagement par les grands médias publics et privés. Au contraire elles sont la garantie de nos droits sociaux en cas d’accidents du travail, de maladie, de perte d’emploi, de maternité et bien entendu au moment de la retraite.


Le Président de la République a annoncé pour 2018 la suppression des cotisations sociales assurance maladie et chômage du salaire afin « d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés »


TOUR DE PASSE-PASSE


Le salaire n’augmentera pas car le salaire brut, celui auquel est recruté le salarié, restera le même.


salaires net et monde de brutesEn revanche, cette mesure permettra à tous les employeurs de refuser toute augmentation de salaire au prétexte que les cotisations maladie et chômage supprimées constituent une « augmentation du pouvoir d’achat ». Et la même excuse permettra au gouvernement de continuer à ne plus augmenter le SMIC.


Pour financer cette mesure le gouvernement a décidé d’augmenter la CSG pour tous et à partir de 1 200 euros brut de revenu mensuel pour les retraités .


Un choix injuste, qui cache un projet de destruction totale de nos droits sociaux, en commençant par l’assurance chômage.
Après les ordonnances pour détruire le code du travail , casse qui aggravera encore plus la précarité, le Gouvernement entend « réformer » l’assurance chômage par une étatisation de l’UNEDIC aujourd’hui gérée paritairement par les organisations syndicales et le medef.


Quelles sont les conséquences, à court terme, de l’étatisation de l’UNEDIC ?
1) Les syndicats ne sont plus parties prenantes et ne pourront plus formuler des propositions afin d’assurer des droits aux privés d’emplois


2) Le budget de l’UNEDIC sera totalement intégré au budget de l’Etat et donc totalement soumis aux aléas des politiques gouvernementales. Le gouvernement pourra décider de baisser le budget de l’UNEDIC, d’affecter une part à d’autres secteurs, donc de réduire les droits des privés d’emplois


3) En ce qui concerne le régime d’assurance chômage des salariés intermittents, l’alternative est la suivante :
- Soit au prétexte de l’article 20 de la loi Rebsamen ( qui garantirait la spécificité des annexes..) création d’une caisse autonome financée par les seules cotisations des salariés intermittents, donc des droits en régression en raison de la fin de la solidarité interprofessionnelle
- soit le régime entre dans l’étatisation et là aussi régression des droits sociaux


A moyen et long terme le risque est encore plus grand tant pour l’assurance chômage que la sécurité sociale et les prestations sociales.


En 2018 le Gouvernement prévoit aussi une « réforme » pour sortir le financement des retraites du régime de solidarité interprofessionnel et inter générationnel. Il envisage une retraite individualisée par points, un système par capitalisation comme une assurance privée.
Il annonce également une « réforme globale » des APL et autres allocations dont le RSA dans la perspective de créer un revenu minimum universel.


ATTAQUE FRONTALE CONTRE NOS DROITS SOCIAUX


Le budget de la Sécurité Sociale (maladie, maternité, retrait) c’est plus de 470 milliards d’euros, soit plus que le budget de la France et un quart du PIB (richesses produites annuellement dans le pays)
Le budget de l’assurance chômage (UNEDIC) c’est plus de 30 milliards d’euros et celui des CAF est de 70 milliards d’euros, dont 21 milliards au titre du RSA.


Par les mesures annoncées, le Gouvernement entend puiser ces milliards constitués par nos cotisations pour mener à bien sa politique en faveur du capital financier et notamment des sociétés d’assurance privées.
Une fois le « trésor » « étatisé », il y a fort à parier qu’on nous servira l’habituel discours sur la nécessité de réduire nos dépenses car la « dette » « menacerait l’avenir de nos enfants ». Il ne restera plus qu’à livrer les milliards de nos cotisations sociales au secteur privé, notamment les assurances et autres fonds de pension.


Ainsi, tout le système de protection sociale, de solidarité entre générations, que les travailleurs ont conquis par leurs luttes serait livré au privé.
Nos droits sociaux, maladie, maternité, chômage, retraite ne seraient plus liés aux cotisations sociales mais à des assurances, tout comme une automobile.

 

Fédération, des syndicats du spectacle, du cinéma, de l'audiovisuel et de l'action culturelle CGT