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CONTRE LA PENSÉE MAGIQUE ET HONTEUSE DE JUPITER

 

L’expression m’a été soufflée par une aimable consœur de la Twittosphère, la « pensée magique » de Jupiter. Effectivement, il y a une pensée magique à l’oeuvre chez Macron. une pensée si magique qu’elle fait fi de la réalité la plus évidente.

  1. La loi travail serait un compromis équilibré entre les intérêts des salariés et les intérêts des employeurs. Un compromis où les salariés trouveraient autant de motifs à satisfaction que les employeurs.
  2. Les 3 mois de concertation avec les partenaires sociaux sur la loi Travail seraient équivalents à une négociation avec les partenaires sociaux. La loi Travail serait donc le résultat d’une négociation.
  3. Les moindres détails de cette loi Travail auraient été annoncéspar le candidat Macron pendant la campagne présidentielle si bien que les électeurs ont bel et bien été prévenus: Jupiter appliquerait le programme connu du candidat Macron
  4. La loi travail serait soutenue par une majorité de syndicats puisque FO et CFDT refusent de manifester le 12 septembre aux côtés de la CGT.

Dans la pensée magique d’Emmanuel Macron et de certains de ses soutiens, ces quatre affirmations sont des vérités. Dans le monde réel, elles sont toutes, intégralement et sans conteste, des mensonges.

On cherche toujours cette longue liste, (lire la suite sur le site) aussi longue au moins que celle dévolue au patronat, des avantages que les salariés gagnent avec cette loi funeste. J’en ai trouvé un, la revalorisation de 25% des indemnités de licenciement. Mais pour le reste, en comparaison de chaque avancée concrète et explicite accordée aux employeurs, nous n’entendons que deux réponses: la première, le « ruissellement ». Si les entreprises gagnent des avantages identifiés, les salariés eux doivent patiemment attendre que les effets indirects de cette loi sur l’emploi leur bénéficient. La seconde réponse est que les entreprises ne sont pas ce lieu de confrontation.

Uberlol.

Second point, la concertation n’est pas une négociation. Les mots ont un sens, malgré la novlangue. Le premier désaccord significatif de l’auteur de ces lignes avec Hollande fut l’ANI, qui était pourtant un véritable accord négocié entre partenaires sociaux puis qui rapidement adoubé en loi par le gouvernement Ayrault début 2013. Je me souviens de ce billet comme si c’était hier, et surtout du temps qu’il m’a fallu pour l’écrire, malgré sa trivialité. C’était l’effort et la tristesse conjugués pour constater que ce quinquennat avait donc dérivé. Avec Macron, nul atermoiement, Jupiter n’a pas même daigné laisser les partenaires sociaux négocier quoique ce soit, ni entre eux, ni avec lui. L’imposture démocratique – qu’il s’agisse de démocratie sociale ou politique – est totale. Le coup d’Etat est avéré.

Troisième point, cette loi Travail a été cachée, masquée dans ses moindres détails par le candidat Macron. Les précautions que lui et ses sbires ont prises pour cacher aux Français ce qu’il voulait vraiment faire ont été hallucinantes, jusqu’à porter plainte en justice aux premières fuites, en passant par l’annonce tardive d’une programme flou (à part le recours aux ordonnances, et encore) début mars.

Quatrième point, il n’y a que des paresseux, des éditocrates incompétents qui ne connaissent rien de la vie en entreprise pour se réfugier derrière le sur-commentaire de qui participe et qui ne participe pas aux manifestations. Il y a aussi quelques insoumis à s’énerver sur le sujet alors que ce n’est pas l’important. L’essentiel est de savoir ce que chaque syndicat a à redire contre cette loi Travail. Et quand vous additionnez les propos de FO, de la CFDT, de la CGC, de la CGT et de quelques autres, vous obtenez une vision bien claire du désastre annoncé.