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Alors qu’il chute dans les sondages comme jamais, certains au Figaro s’interrogent sur son style présidentiel. C’est sans doute plus commode pour éviter de questionner la politique annoncée et menée depuis le scrutin du 7 mai.

« C’est la première fois en politique qu’un chef de l’État dirige ses équipes en introduisant des méthodes de management venant du monde de l’entreprise » explique ainsi une experte dans les colonnes du Figaro. Et à quoi voit-on cela ? A travers une foule de détails, apprend-on (il est très directif, il interpelle ses ministres même en pleine nuit, etc) qui s’apparente à du micro-management mal placé plutôt qu’à du management. Quelques signes supplémentaires de cette incapacité à diriger sereinement sans doute, que nous constatons depuis un trimestre.

Le vrai sujet de Jupiter est ailleurs: son autocratisme personnel lui joue des tours. Ajoutez à cela que son socle électorale est hyper-réduit, que son programme est impopulaire et qu’il n’a fait aucun geste, bien au contraire, vers ses oppositions, et vous avez un résultat attendu: la dégringolade.

Mélenchon est persuadé d’une nouvelle crise, très proche, plus proche que le vent de dégagisme qui a frappé les scrutins présidentiel et législatifs de 2017. Je ne suis pas aussi sûr. S’il a raison d’expliquer que « l’un après l’autre, tous les compartiments de la société ont été mis ou remis en tension » (qui ne se sent pas agressé ou blessé par les premiers 100 jours de Macron: chômeurs, retraités, humanistes, socialistes, écologistes, professeurs, militaires, fonctionnaires en général, etc), je ne suis pas sûr que cela suffise à déclencher une crise. La France a horreur des révolutions même si elle déteste toujours ses monarques.De surcroît, chaque appel à une assemblée constituante pour tirer le trait de cette Vème République délégitimée est caricaturée en chavézisme sanglant même par les prétendus centristes de ce pays.

Nous avons besoin de passer sereinement à autre chose, un autre régime, une autre façon de concevoir les lois, une autre façon de représenter le peuple. L’immense abstention que quelques bétas ont pris pour une adhésion passive au macronisme devrait suffire à en comprendre l’urgence.

Bref, le chemin sera long .