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Suite à l'annonce du nouveau gouvernement mercredi, et à la nomination de Benjamin Griveaux comme secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, j'ai mis en ligne le lendemain un article dans lequel je décortique ce que développe ce nouveau ministre dans son livre Salauds de pauvres, avec globalement un état des lieux acceptable, un propos plutôt correct envers les "assistés", mais des ambiguïtés quant aux causes de l'échec de la lutte contre la pauvreté et les solutions à apporter.

Yves Faucoup

Extrait du billet :
"nous ne laisserons personne au bord du chemin". Bravo.

Pour conclure, ce livre tient globalement un discours qui ne ressemble pas à ceux de la droite extrême, style Wauquiez ou Sarkozy. Il ne déverse pas du mépris à l'encontre des plus pauvres, au contraire il s'en démarque. Mais, alors même qu'il n'utilise pas le terme "pragmatique", si cher aujourd'hui aux fidèles à Macron, tout en relève : cette sorte d'idéologie qui fait abstraction des rapports de force, des différences d'intérêts, et qui donc ne s'embarrasse pas d'un discours sur les inégalités. Perte de temps. Soyons concret. Quitte à déverser un certain nombre de lieux communs, et finalement d'agiter des idées sans réellement proposer de réforme d'envergure. Comme s'il fallait que tout change pour que rien ne change (philosophie qui a souvent animé ce secteur, comme la création du RSA).

Cependant, il parle d'un État social qui investit. Et bien, prenons-le au mot. Monsieur Benjamin Griveaux, maintenant que vous avez voix au chapitre financier, faites en sorte que l'État investisse vraiment le secteur social, accepte de dépenser plus pour à terme dépenser moins. Concertez-vous avec Nicolas Hulot puisque son ministère comprend la solidarité. Et  avec Agnès Buzyn, chargée de la santé mais aussi des solidarités. Sans négliger Jacques Mézard, chargé de la cohésion des territoires. Et n'oubliez pas le travail de fourmis que font des centaines de milliers de travailleurs sociaux et médico-sociaux dans ce pays, dans l'ombre, car, en général, les médias et les politiques ont plutôt tendance à les ignorer. On dit que la députée Brigitte Bourguignon pourrait devenir présidente de l'Assemblée Nationale. Est-ce une bonne nouvelle ? Elle est assistante sociale de formation initiale.